On fait un métier formidable ...

Billets d'humeur sur ce merveilleux métier de photographe.
voir aussi : www.tribondeau-photo.fr

Aix…positions

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Phot’Aix 2014, jusqu’au 15 novembre. Mon travail “No Greece” accroché aux cimaises de Sciences Po, des expos, des rencontres, des regards, des parcours, et des cacahouètes …

Ello.

Simple, beautiful & ad-free. Read the manifesto:

"No Greece" au Festival Phot’Aix 2014, Aix en Provence

Ma série “No Greece”, travail sur la Grèce en crise, est exposée dans le cadre des “Parcours” de Phot’Aix. A voir jusqu’à mi-novembre, programme complet ici : http://bit.ly/1xnAqam

The times they are a changin’ ?

Tout au long de l’été, je me suis demandé ce que j’allais bien pouvoir écrire dans cette chronique. La torpeur estivale me donnait l’impression qu’il ne se passait pas grand chose dans le Landernau photographique. Ou que ce qu’il s’y passait était hélas peu encourageant pour la suite…

Et puis voilà, c’est la rentrée, et c’est kiné, pardon Kina. Comme tous les deux ans, la foire de Cologne est l’occasion d’un grand déballage technologique, donc le moment ad hoc de faire le point sur les futurs jouets à commander pour Noël.image

Alors quoi de neuf, docteur ?

Soyons franc, je ne parle ici que de ce qui m’intéresse, et de mes marques favorites. Ne vous attendez pas à une revue objective à 360 ° de l’offre photo 2014… Mais bon, avec trois grandes majors qui entrent dans mon périmètre d’intérêt, cela donne quand même la température.image- La palme de la ficelle marketing revient à Nikon, avec la sortie du nouveau D750. Quand j’ai lu les prémices de cette nouvelle savamment distillée sur internet quelques semaines avant la Photokina, mon sang n’a fait qu’un tour. Pensez-donc, le voilà, le successeur du mythique D700, le plus beau et le plus intelligent boîtier construit par la marque jaune (si, si…). Le temps serait-il venu de me séparer de mes fidèles machines, et par la même occasion de me délester de quelques euros sonnants et trébuchants ? Eh bien, jusqu’à nouvel ordre, rien n’est moins sûr. Certes, le D750 est une très belle bête et a presque tout ce qu’il faut pour séduire. Mais son patronyme ne suffit pas pour en faire le successeur légitime de son glorieux ancêtre. C’est plus simplement un beau boîtier « prosumer », comme on dit, avec des tripes de course dans une carrosserie light. J’attends de l’avoir en mains pour me faire une idée définitive, mais Nikon a poussé le bouchon un peu loin en com’, histoire de faire oublier la bérézina technique du D600 et l’enterrement de première classe de la série D300 (autre machine mythique…)image                                                 M3 et MA … qui est qui ???

- La breloque du « je ne sais pas quoi en penser » est pour Leica. Oser sortir en 2014 le MA, boîtier argentique, copie conforme du M3 des années 60, avec les trémolos vantant le merveilleux « cloc » de l’obturateur en caoutchouc, il faut le faire, surtout pour la modique somme de 3750 euros seulement. Je ne sais pas qui va acheter ce truc, mis à part des collectionneurs invétérés pour le mettre sur les étagères, alors que l’on trouve des M4, M6, M7 à la pelle sur le marché de l’occasion pour souvent moins de 1000 euros. Personnellement, je n’échangerais pas mon vieux M6 contre ce bellâtre … Mais là ou la marque de Wetzlar frappe encore plus fort, c’est quand elle propose un M numérique sans écran de contrôle arrière… Ils sont impayables, ces allemands !!!image

- Nostalgie, quand tu nous tiens… Fuji, qui flirte avec un succès mérité sur la tendance vintage, propose dans ses futures machines une émulation couleur « classic chrome », autrement dit une simulation du rendu du légendaire Kodachrome. Belle idée, parce que les couleurs, chez Fuji, ils ont toujours su faire, et l’effet à l’air convaincant. Par contre, je doute que les générations actuelles soient sensibles à l’argument, car qui parmi les jeunes photographes n’a jamais utilisé cette pellicule diapositive ? Ceci étant, les appareils des petits hommes verts sont de mieux en mieux, contrairement à d’autres… Le X100 T et le X 30 « raffinent » intelligemment des recettes à succès. Well done !

En fait, la Kina cru 2014, c’est juste un peu ch…t … Du beau matériel, mais rien de bien excitant. Des améliorations plutôt que des innovations. Sans doute parce que ça y est, on est au taquet. Nos appareils, depuis quelques années déjà, sont top-notch. Le reste, c’est juste pour faire avancer le Schmilblick, comme aurait dit Papy Mougeot…

Ah, si, j’oubliais le mot magique : CONNECTE. Tout le monde l’est, toutes les marques veulent l’être, dans le sillage des smartphones. Résultat, WIFI et GPS à tous les étages, on envoie du bois à 24 millions de pixels dans les nuages, et on verra bien ce qui arrive.

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Cette vague de connectivité me remet à l’esprit un épisode lointain de mes pérégrinations photographiques. Il y a fort longtemps de cela, plus de vingt ans ma bonne dame, je bricolais sur le port de Papeete (oui, Tahiti, les îles, les vahinés…) avec ma chambre folding Horseman que j’avais emmené prendre l’air de l’autre côté du monde. Déjà, à l’époque ça intriguait, de plus dans ces contrées lointaines. En moins de temps qu’il ne fallait pour le dire, j’étais abordé par une pétillante postulante Miss Tahiti en chair et en os qui souhaitait que je la prenne en photo pour le concours…

Aujourd’hui, comme n’importe quel péquin, j’ai un compte Instagram sur lequel je m’évertue à poster depuis un an une tentative de carnet de notes photographiques plus ou moins absconces (et plus ou moins réussies…). Je suis « liké » par un tas de personnes que je ne connais pas, dont de merveilleuses jeunes filles qui sont visiblement tombées par hasard sous le charme de mes images. Comme l’adorable Peggy92 (j’ai changé son nom, question de délicatesse) qui n’en manque pas, de charmes. Mais elle ne m’a pas demandé de la prendre en photo, elle, et je soupçonne qu’elle ne le fera jamais. Tristesse infinie…

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Je ne suis pas certain que la jolie demoiselle soit vraiment fana de mes images ;-)

Rien à voir avec ce qui précède, mais respect infini, par contre, pour une jeune femme photographe iranienne, Newsha Tavakolian (http://www.newshatavakolian.com), lauréate du Prix Carmignac, qui vient de rendre son prix pour cause de désaccord profond avec l’organisateur. Un îlot de résistance dans un océan de désordre.

« Aujourd’hui, je dois annoncer que suite à d’irréconciliables différences de vues concernant la présentation de mon travail, je rends l’argent de la bourse, je renonce à accepter le Prix Carmignac Gestion du photojournalisme 2014 et je romps toute coopération avec cette fondation et son créateur, le banquier d’affaires Édouard Carmignac.

J’ai accepté de concourir pour ce prix parce que je nourrissais la conviction que j’aurai toute liberté artistique pour créer un travail fidèle à ma vision en tant que photojournaliste reconnue et photographe d’art. Malheureusement, à partir du moment où j’ai rendu mon travail, M. Carmignac a insisté pour éditer mes photographies personnellement et altérer les textes qui les accompagnaient. L’interférence de M. Carmignac dans mon projet a culminé lorsqu’il a choisi un titre totalement inacceptable pour mon travail, qui aurait irrémédiablement miné mon projet.

L’insistance de M. Carmignac à changer des aspects essentiels de mon travail aurait pu avoir pour effet de transformer une tentative subtile de présenter les réalités de la vie de ma génération en Iran en une vision grossière et remplie de clichés de mon pays. Son obstination à changer le titre du projet de Blank Pages of an Iranian Photo Album (Pages blanches d’un album photo iranien) pour un titre sur-utilisé et connoté, The Lost Generation (La génération perdue) n’était tout simplement pas acceptable pour moi.  (message extrait de sa page Facebook)

Allez, pour conclure en beauté, si vous avez cinq minutes, allez voir le travail de Laura El-Tantawy, photographe anglo-égyptienne. (http://www.lauraeltantawy.com/) Ca rend modeste et ça calme.

Prix Carmignac: Newsha Tavakolian ne veut pas de sa récompense - Libération

" I began working on this project in December 2013, completing and delivering the work to the Foundation in July 2014 as scheduled. The news of my winning the grant was announced subsequent to the delivery of the project at a reception during the Arles festival this past summer.
Naturally I was extremely happy.

Today I am announcing that due to irreconcilable differences over the presentation of my work, I am returning the cash award and stepping down as the winner of the Carmignac Gestion Award for photojournalism 2014, canceling all my cooperation with this foundation and its patron, the French investment banker Edouard Carmignac.” (Newsha Tavakolian sur sa page Facebook)

Les armes des journalistes – Superbe campagne pour la liberté d’expression

Paris veut remplacer les « cadenas d'amour » par des « selfies »

La lumineuse idée de l’été que voilà !!! Selfies ou cadenas, entre deux maux faut-il choisir ? En tous cas, de bien belles images en perspective sur http://lovewithoutlocks.paris.fr/ et sur https://twitter.com/hashtag/lovewithoutlocks

Bons souvenirs d’Arles … et merci Monsieur François !

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Oui, merci François Hébel d’avoir fait des Rencontres ce qu’elles sont devenues. Merci pour leur renaissance. Merci pour les centaines de milliers de visiteurs. Merci d’avoir investi les Ateliers, cet écrin magnifique qui s’évanouit maintenant. Merci d’avoir invité Depardon, Clergue, Swirk, Bailey, Willock, Lacroix et les autres pour cette dernière Parade. Merci auparavant pour Larrain, Garcin, Tillmans, Vanden Eeckoudt, Calvet, Béchet, Iturbide, Bouvet, Capa & Co … Merci à vos équipes, à vos installations, à vos innovations. Merci aussi pour les ratages et les moins bien. Merci enfin pour les souvenirs, rencontres, lectures, pour la terrasse du Malarte, et j’en passe …

Merci et bon vent pour la suite !!!

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Tableaux d’une exposition

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Retour sur images de mon exposition “Une Part d’ombre”, à la Chartreuse de Villeneuve les Avignon (juillet-août 2014) … Vernissage et installation ici : http://bit.ly/1mqX7Eb . Et toutes les images exposées sont là : http://bit.ly/1mqXheV

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Oh mon labooo ! (souvenirs fugaces d’un ex-rat de laboratoire)

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Par ces belles journées d’avant-été, plombées par une chaleur du même métal et des grèves intermittentes, je m’affairais méthodiquement au montage d’une vaste exposition prochaine. Et subséquemment, aux joies et aux peines de la mise en place de tirages géants. Passons sur les détails, les collages et décolérages d’affiches rétives à leur bon maintien sur les cimaises sensées les accueillir. Pour faire court, je fus contraint de faire de la retouche manuelle sur des images millésimées numérique. De la repique, comme on disait avant. Mais ça c’était avant. Me voici donc, lors d’un passage obligé à Paris, quêtant un flacon de « gris film » auprès de l’un de mes fournisseurs photographiques préférés. Miracle, cette excellente boutique en avait en stock au fond d’un tiroir oublié…

Cet événement majeur investissant mon existence a fait ressurgir brièvement des bouffées nostalgiques de mon passé de preneur d’images. Mon labo. J’avais presque oublié son existence, depuis que je l’avais offert il y a quelques années à des jeunes gens gourmands de surfaces sensibles. Et cela faisait déjà belle lurette que je l’avais mis à la retraite, semblant me souvenir que ma dernière séance sous ses lumières rouges datait de 2003…

Mon labo, c’était un vrai labo, pas un coin de salle de bains aménagé précairement pour l’occasion. Cet espace disponible et réservé, c’était même une des raisons pour laquelle nous avions choisi l’appartement parisien acquis dans les années 80.

Y trônèrent successivement un Durst B30 puis un Durst M370, avec leurs objectifs Rodenstock et Fuji. Avec le M370, on pouvait tirer des images allant du 24X36 au 6X7. De la balle, même si de temps en temps son transformateur faisait des siennes en grésillant méchamment.

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Bien que parfaitement isolé de la lumière, ce n’était curieusement que le soir, et jusque tard dans la nuit, que je fréquentais le lieu, vite empli de l’odeur tenace des chimies. Mes bidons abritaient le plus souvent des révélateurs et fixateurs Tetenal, tandis que les étagères accueillaient des boites d’Ilford Multigrade ou Galerie, de Tetenal et de Seagull exotique…

Au matin, j’aimais redécouvrir, l’oeil reposé, les tirages prenant leur bain de lavage dans leur cuvette rouge (la verte, c’était pour le révélateur, la jaune pour le fixateur, ne me demandez pas pourquoi !)

Il ne restait plus, une fois séchés, qu’à repiquer patiemment ces tirages, au gris film justement… Et là, il y avait du boulot, parce que les pétouilles, du temps de l’argentique, c’était légion. J’essayais de m’y appliquer, depuis que, lors d’un workshop avec Pascal Dolemieux, de l’agence Métis, ce dernier m’avait demandé si j’avais tiré chez le coiffeur les images que je lui montrais ;-))

Voilà. Une bouffée de souvenirs. Un reste d’odeur acre et tenace sur les mains. Un bain de lumière rouge, et le léger cliquetis du timer qui dictait les temps de pose. Ca tient à peu de choses, la nostalgie, finalement.

PS : Je n’ai hélas pas gardé de photo de mon laboratoire à ses heures de gloire. Il ne reste que ces clichés, alors qu’il servait davantage de placard et de remise à pinard… Drôle de fin !

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