On fait un métier formidable ...

Billets d'humeur sur ce merveilleux métier de photographe.
voir aussi : www.tribondeau-photo.fr

Hommage, dommage, ratage

C’est marrant comme parfois, la vie vous réserve des surprises. Le grain de sable qui vient tout mettre en l’air. L’occasion manquée qui vous poursuivra toute votre existence. Le cheveu dans la soupe, le bug dans les épinards. Trois exemples récents dans ma petite vie photographique …

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Dead Flowers

« You can send me dead flowers every morning / And I won’t forget to put roses on your grave ».

C’était une époque où le rock était encore à la mode, ou New York était le centre du monde artistique, où on mourait déjà du sida, où la photographie n’était qu’argentique.

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« J’essaye d’enregistrer le moment dans lequel je vis, et où je vis, qui s’avère être New York. J’essaye de capturer cette folie et d’y mettre de l’ordre. Ces images n’auraient jamais pu être prises à un autre moment … » Robert Mapplethorpe est magistralement exposé au Grand Palais à Paris, la première rétrospective depuis sa mort en 1989… Mapplethorpe photographiait avec autant de classe et de maestria des bites (beaucoup) et des fleurs (peut-être encore plus …) , des statues et des artistes. A l’époque, ses images sentaient le soufre. L’odeur s’est un peu affadie avec les années, et il n’y a pas de quoi crier au scandale par les temps qui courent. Mais l’expo est splendide, le talent éclatant, certaines images proprement envoûtantes. Pour preuve de son succès post-mortem, les prix des tirages de l’artiste se sont envolés depuis le milieu des années 2000. Plusieurs centaines de milliers d’euros pour certains vintages, plusieurs milliers pour le « tout venant »… Il y a une trentaine d’années, nous avions, avec ma compagne, vu à Paris une exposition du monsieur encore de ce monde. Et littéralement flashés devant un des ses fabuleux tirages de lys blanc, au point de penser à l’acquérir. Nous avions renoncé, devant le prix : environ 5000 francs, si mes souvenirs sont exacts. Il va sans dire que nos regrets sont éternels …

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Transe napolitaine

Il y a quelques semaines, j’ai reçu une proposition sympathique de la part d’un labo photo : « Et si vous testiez - gracieusement – nos prestations, par exemple notre offre de books photo ? La seule contrepartie, c’est de donner votre opinion sur notre travail dans les colonnes de votre blog ».

J’ai répondu oui, sans hésiter. D’autant plus que, revenant d’un périple italien, j’avais sous les yeux une petite série d’images napolitaines qui n’attendaient que ça pour se montrer … Des images assez vicieuses, techniquement parlant en tous cas, avec des noirs pas possibles, du grain et des flous improbables. Bref, le cauchemar théorique pour toute reproduction sur papier qui se respecte.

En quelques clics, j’ai donc téléchargé le soft permettant de gérer l’interface de mise en page, et en une triplette d’heures, la maquette était dans les tuyaux. Le lendemain matin, un mail m’annonçait que ma commande avait été traitée, qu’elle était acheminée par un grand transporteur international à mon domicile, et livrée sous 48 heures … Trop beau pour être vrai, non ? Bah, non, puisque en effet, deux jours plus tard, mon colis était bien livré chez moi. Sauf que je n’étais pas chez moi. Et que tout s’est mis à déraper. Genre Brazil, si cela vous dit quelque chose … Je passerai rapidement sur les coups de fil excédés pour essayer de comprendre où était reparti mon bouquin, quand il allait être livré, chez qui, et comment. Mais il a fallu pas moins de 10 jours avant de pouvoir récupérer l’objet du délire. De quoi devenir chèvre. J’avais presque fini par tirer un trait sur l’histoire. C’eut été dommage. Car le résultat est bien, mais alors même, très bien. Chapeau pour le rendu des textures, la profondeur des noirs (et ils sont sans fond !), le métamérisme quasi indiscernable. Seul bémol, l’épaisseur du papier photo utilisé, trop costaud à mon goût, et la tranche de la couverture, pourtant somptueuse en mat satiné, qui a tendance à se fendiller rapidement aux entournures. Bon, il est temps de révéler le nom de ce labo : Saal Digital. Ils sont en Allemagne, ils sont efficaces, rapides, à priori talentueux, financièrement abordables. Il ne leur reste plus qu’à changer de partenaire (dont je tairai le nom par charité chrétienne) pour le transport !

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 Festival dans tes rêves

Allez, une petite dernière pour la route. J’ai reçu ce mail d’un fort sympathique festival photo de l’été : « Notre comité de sélection s’est réuni. Votre candidature n’a malheureusement pas été retenue. Cela ne remet nullement en cause la qualité de votre travail. Mais notre appel à candidature ayant connu un fort succès, nous avons  dû faire des choix qui tiennent compte des sujets que nous voulions présenter. Nous vous encourageons vivement à nous présenter d’autres propositions à l’avenir. » Sympa les gars de m’encourager, mais cette année, je n’avais pas postulé à votre manifestation ;-)) Miracle des mailing-lists …

La dernière valse …

Clergue, Depardon, Rouvre, Parr, Bailey, la prochaine et dernière édition des Rencontres d’Arles sous la houlette de François Hébel ne manquera pas de panache. Une belle sortie, un dernier tour de piste avant le grand saut dans l’inconnu. A ne pas manquer, assurément, avec un pincement au coeur en repensant à ces dernières années exceptionnelles dans les Ateliers …

Henri, et en couleurs …

imageD’escale à Paris, j’ai profité de l’occasion pour aller voir ZE EXPO du moment, Cartier-Bresson à Beaubourg. Tout à déjà été dit sur le Maître, sur cette rétrospective kolossale … Cela fait peut-être un peu vieux-jeu, ou un tantinet prétentieux, ou même carrément ridicule, mais je l’assume : depuis toujours, je suis un fan d‘“En-rit” comme il se plaisait parfois à signer. Et très modestement, je revendique son influence dans ma manie du cadrage “au cordeau”, dans la pratique du Leica, etc.

Ceci étant posé, je ne regrette pas de m’être tartiné l’heure de queue (et j’ai eu de la chance) pour voir ses images. Surprise, je ne les connaissais pas toutes (et pourtant, Dieu sait si je me suis gavé de bouquins, expos, visites à la Fondation, au cours de ces années passées). Mais surtout, j’ai découvert avec enchantement les quelques 36 ;-)) diapositives couleur exposées un peu en cachette, sur une fausse table lumineuse, dans un coin sombre. Et particulièrement cette image d’hommes d’affaires à Athènes, toute en finesse de gris colorés par un soleil sans doute matinal.

Rien que pour cela, merci et respect, Monsieur.

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PS. Il y avait en ce début d’année à L’isle sur Sorgue une exposition de son vieux pote Robert Doisneau, avec, là aussi, des images en couleur réalisées pour une commande à Palm Springs. Clin d’oeil et hasard de l’histoire et du calendrier… Tout bien considéré, ces deux grands bonshommes auraient dû en produire davantage, des clichés kodachromés !image

Vesuvio Express, a set on Flickr.Un nouveau set photo sur mon Flickr …
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Vesuvio Express, a set on Flickr.

Un nouveau set photo sur mon Flickr …

Isos, schizos, masos, etc.

Des hypocrites et des grands malades. Voilà de quoi est fait ce métier. Il serait temps de se faire soigner, sinon, ça va mal finir, cette histoire. Ce qui me vaut cette irruption de boutons, c’est la dernière mésaventure arrivée à Narciso Contreras, de l’Agence AP. Viré comme un malpropre pour avoir spontanément avoué qu’il avait photoshoppé une de ses images de Syrie, afin de masquer (assez maladroitement en plus) un bout de caméra d’un confrère malencontreusement entré dans le champ. Et toute la profession de tirer à boulet rouges sur la brebis galeuse …

Ne nous méprenons pas. Je ne défends pas contre la vox populi le parjure. Contreras savait pertinemment ce qu’il faisait en bafouant les règles édictées par son agence. Mais de là à le tuer professionnellement, il y avait de la marge. Et ce sont ces outrances permanentes, ces postures définitives qui me grattent là où ça me démange.

Parce que, la retouche en photo, parlons-en. Ca a toujours existé, de la simple suppression du détail insignifiant mais esthétiquement gênant, à la manipulation pure et simple des images (cf les « oeuvres » immortelles des régimes totalitaires de tous bords). Seulement voilà, aujourd’hui, il y a Photoshop. Le Grand Satan de la retouche dont personne n’imagine se passer (ou alors, c’est pour utiliser Lightroom !) mais dont tout le monde feint de se méfier. Si l’outil était tant honni, comment alors expliquer la levée de boucliers professionnels quand Adobe décida d’envoyer définitivement son petit chéri dans le Nuage ? Il est certain qu’avec Photoshop et consorts, tout est bien plus simple. Et tous les abus permis. Mais que diable, un peu de discernement. Pourquoi ces cris d’orfraie quand Paul Hansen obtient le World Press 2013 avec sa photo d’enterrement d’enfants à Gaza à la chromie peaufinée ? Du temps de l’argentique, on pouvait déjà tirer ses images en les interprétant à loisir. Quels crétins bornés osent encore affirmer que la photo de reportage doit être fidèle au réel ? Les mêmes qui s’extasieront (et à raison cette fois) devant les clichés « so graphic » pris en Lybie ou ailleurs à l’Hipstamatic ?

D’ailleurs, tout ce débat sur la forme n’a guère d’intérêt : c’est plutôt sur le fond qu’il faudrait se pencher. Celles et ceux qui ont vu l’excellent documentaire (qui commence à dater) sur James Nachtwey savent à quel point l’image peut être manipulée avant même d’être prise, par les acteurs de l’évènement qui n’hésitent pas à se mettre en scène et à jouer pour les photographes (et les télés) leur partition faussée.

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Quatre “variantes” d’une de mes images prise à Athènes en argentique en 2002. Laquelle est la “vraie” ??? 

Pour en finir avec ce délire sur la retouche, il faut bien parler de la dernière idée de la marque de lingerie Aerie, qui a décidé ni plus ni moins de se passer de Photoshop pour sa dernière campagne. Joli coup de com’, certes, mais où va-t-on bon sang ? Si la mode et la publicité, domaines privilégiés de l’usage de la retouche (et qui en abusent) se mettent à jouer les saintes-nitouches, nous voilà dans un grand mouvement de puritanisme et de retour aux vraies valeurs qui ne présage rien de bon…

Ce come-back au vraies valeurs, d’ailleurs, il est bien présent en ce moment dans le matériel que nous proposent nos chères (en tous les sens du terme) marques photo. Les petits derniers de chez Nikon, Olympus, Fuji, jouent à fond le vintage et le retour des boutons et molettes. A quoi bon avoir pendant des années payé des armées de designers pour parfaire l’ergonomie et les capacités des boitiers pour se retrouver aujourd’hui un quart de siècle en arrière avec des machines hors de prix qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à leurs aînées argentiques ? A quoi bon gonfler les coûts et les méninges des appareils avec des pixels inutiles et des modes video pratiquement inutilisables, alors que la profession s’écroule et n’a plus un rond pour se payer ces petits joujoux ? Mais quand par hasard une marque « oublie » le mode video sur son boîtier, ce sont alors cris et hurlements de la meute qui s’indigne, alors que 95 % de ces petits malins n’ont jamais gagné un kopeck avec les images animées ou autres web docus …

A quoi bon enfin gaver les softs de ces appareils avec des options de trucages, retouches, croppage, et j’en passe, le tout « on the fly » pour faciliter soi-disant la vie du preneur d’images, si ce n’est in fine pour se retrouver à ergoter sans fin sur les bien-fondés de la retouche et sur l’intégrité de l’image. La boucle est bouclée …

Assez. Assez d’hypocrisies, de faux-fuyants, de masochisme à deux balles. Il est grand temps de se reprendre les copains. Parce que le monde tourne, et vite. Et qu’il n’a que faire de ces états d’âme improductifs. Déjà que ce beau métier n’est guère indispensable …

Sur ce, moi, rideau, je vais prendre mes gouttes …

City of Ruins, a set on Flickr.Rome en panoramiques, nouvelle série à découvrir sur mon Flickr …
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City of Ruins, a set on Flickr.

Rome en panoramiques, nouvelle série à découvrir sur mon Flickr …

Mon cousin photographe

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« Alors, Cousin, est-ce que vous avez toujours vos Leicas ? » La dernière fois que j’ai vu Leo, il m’a accueilli comme çà, comme si nous venions de nous quitter la veille. Cela faisait pourtant des années que je ne l’avais vu.

Leo M. est mon cousin, photographe de métier depuis, allez, peut-être plus de soixante ans … Avec « Pim », sa femme, il tient encore boutique, à l’enseigne « Photo Pim » dans une petite ville de Charente Maritime, et possède également un deuxième comptoir sur la côte girondine, dans le village de mes vacances d’enfance.

Leo est un photographe comme il n’en existe plus beaucoup : un artisan et un artiste. Photos de mariages, portraits d’identité, reportages pour la presse locale, il a plus d’une corde à son arc. Sans compter qu’il est un excellent photographe paysagiste en noir et blanc, un remarquable professionnel du labo, et un collectionneur-connaisseur hors pair des appareils anciens (et des plus récents).

Leo, je lui doit beaucoup. Pas de m’être intéressé très tôt à la photo, non, ça, je le dois plutôt à mon père. Mais c’est Leo qui m’a mis le pied à l’étrier, alors que j’avais 18 ans, en m’ouvrant quelques étés durant les portes de son labo et les secrets de ses collections.

Si je n’ai pas embrassé immédiatement cette noble profession photographique, lui ayant préféré de longues années la publicité, ces moments estivaux passés à discuter images et à m’initier aux mystères de la chambre noire ont toutefois été déterminants dans la suite de mon existence.

Ainsi, Leo m’a vendu mon premier appareil « pro » : un Minolta SRT 101, le même que celui utilisé par Lucien Clergue, Annie Leibovitz, ou David Hamilton … excusez du peu ! (je le possède toujours, ET IL FONCTIONNE !!!)

Leo m’a appris à me servir d’un agrandisseur, et pas n’importe lequel, un Leitz Fotomat … Avec cette redoutable machine, Leo m’a enseigné les subtilités du tirage sur les somptueux papiers Agfa Brovira et Portriga, si mes souvenirs ne me trahissent pas…

Et puis, mon cousin était intarissable dès qu’il s’agissait de parler technique ou histoire de la photographie. Dans la fraîcheur du labo, nous dissertions des heures durant sur les mérites des Foca à télémètre versus les Leica, sur les performances de tel objectif improbable conçu spécialement pour la photo de reconnaissance aérienne, et j’en passe … Le tout, bien entendu, pièces en mains, grâce à sa collection incroyable d’appareils.

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Aujourd’hui, « Pim » tient contre vents et marées le commerce et vend cartes postales et cartes mémoires (les temps ont changé!). Elle propose aussi quelques uns de ces superbes tirages faits maison des plus beaux paysages immortalisés par Leo. Quant à mon cousin, je ne sais s’il part encore Leica au cou fixer sur la pellicule la lumière si particulière des ciels de Saintonge. Ce que je sais, par contre, c’est comment il me saluera si nous nous revoyons : «Eh, Cousin, si nous parlions un peu de ces fichus objectifs Elmar ?? » … Comme si nous venions de nous quitter, par un de ces jours d’été.

imageLes portraits de Leo et Pim sont copyright Bernard Tribondeau

In love with my Mac depuis 1985 …

La photo coule, SuperDircom va la sauver !

En cette fin d’année dernière fleurirent soudain quantité d’articles sur les vertus et bienfaits de la photographie corporate. A croire que la trêve des confiseurs avait un effet euphorisant sur le moral des troupes, pourtant bien bas ces derniers temps … Alors voilà, le corporate serait la miraculeuse bouée de sauvetage que le tout Titanic de la profession attendrait. Dernière tarte à la crème, nouvelle vache à lait. Du moins, beaucoup semblent l’espérer en ces instants transitoires pour mettre du beurre dans leurs épinards. Puisque l’on en est encore à la période des vœux (pieux), allons-y carrément, glissons-nous dans la peau du Dircom providentiel version 2014 …

 Moi, SuperDircom, je serais votre sauveur, bienvenue dans le meilleur des mondes…

Donc, moi, SuperDircom, la première chose que je ferais, c’est d’engager un photographe perso pour ma boîte. Comme Obama avec Pete Souza*. Pas mieux! Cela ferait un paquet de jaloux, chez les concurrents et chez les photographes, et rien que pour le buzz, ça en vaudrait la peine. Le type devrait avoir assez de talent pour concocter un storytelling infaillible et impartial, sans temps mort et sans fausse note, ce qui, mine de rien, n’est pas une mince affaire… Mais, bon, la Maison Blanche l’a fait, les images parlent mieux que les mots, il n’y a pas de raison que ça foire …

Moi, SuperDircom, et au vu de ma première décision ci-dessus développée, je m’adjoindrais régulièrement en renfort une palanquée des meilleurs pros pour parfaire le job. On n’est jamais trop prudent… Attention : pas de copinage, pas de ringards, pas de tocards, pas de ceux qui crachaient dans la soupe. Il y a tout à y perdre. Mais des balèzes, des qui n’ont pas la grosse tête, qui vont faire le contrepoint du Pete Souza maison, et asseoir auprès des publics la crédibilité visuelle de ma petite entreprise.

Moi, SuperDircom, je laisserais le plus souvent possible carte blanche à tous mes presse-boutons. C’est la garantie d’un travail original, pas formaté, pas policé. En plus c’est bon pour leur égo surdimensionné, c’est bon pour leur créativité, c’est bon pour leur susceptibilité : finis leurs éternels états d’âme sur la compromission avec le méchant monde marchand !

Moi, SuperDircom, fort de mon « pool photo» aux petits oignons, j’interdirais formellement à mes collaborateurs d’aller piocher bêtement dans les banques d’images libres de droits à deux balles. Ou alors, juste pour illustrer des leaflets promotionnels et des plaquettes insipides… Et puis non d’ailleurs, puisque j’y pense, il faudrait que je demande à mon responsable informatique de bloquer les accès à tous ces fichus sites d’images libres de droits, non mais !

Moi, SuperDircom, j’exigerais de mon DRH qu’il oblige les collaborateurs à participer aux prises de vues corporate. C’est vrai, quoi, c’est valorisant de voir sa tronche en pleine page du rapport annuel de la boutique. Même si ce n’est pas Closer, il n’y a pas mieux pour épater la famille, la copine ou la concierge. Et si les petites mains refusaient, il serait temps de se poser des questions sur le recrutement, l’engagement ou même sur l’état de la maison. Le photographe est le meilleur allié du DRH, il suffisait y penser !

Moi, SuperDircom, je n’essaierais pas de grappiller bassement des queues de cerises. Négocier, oui, étrangler, non. Parce qu’ il ne faut pas prendre les photographes pour plus abrutis qu’ils ne sont. «Work for full price or for free, never for cheap », c’est ça le motto … Sinon, un beau jour, il y en a un qui finira bien par me planter le boulot…

Moi, SuperDircom, je résisterais au chant des sirènes de la mondialisation. Le plombier polonais a eu son heure de gloire, pas la peine d’en rajouter avec le photographe ou le retoucheur thaïlandais (ou tibétain, ou pakistanais, ou pétaouchnokais …). D’accord, leurs prix sont imbattables, d’accord, ils sont aussi bons que ceux bien de chez nous, d’accord, ils sont plus rapides à la détente, mais bon … vous avez vu la précarité sociale et les conditions de travail ? Un peu de morale, que diantre ! Sans compter qu’ils ne parlent pas un mot de la langue de Molière et qu’il faut jongler avec le décalage horaire avec Lahore ou Djakarta … Décidément pas jouable ! (mais là, je me ferais un peu violence, j’avoue …)

Moi, SuperDircom, je veillerais à ne pas me faire refiler des vieilles ficelles éculées qui n’intéressent personne, j’encouragerais l’originalité, que dis-je, l’innovation dans le traitement des images : vive les reportages en mobile-photography, les histoires en romans-photo, les portraits décalés, les expos tournantes dans les différents établissements de l’entreprise, les livres sur le métier, les web-docus et les publi-reportages 2.0, que sais-je ??? De l’audace, toujours de l’audace ! Et toujours multiplier les occasions de produire des témoignages visuels : ils sont une part importante de l’histoire et de la mémoire d’une entreprise, et malheureusement, on ne compte plus les amnésiques dans ce domaine …

Moi, SuperDircom, j’encouragerais les festivals comme celui de François Hebel à Bologne, « Foto Industria », je sponsoriserais les initiatives naissantes qui vont dans ce sens. Parce qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même … Parce que comme ça, je pourrais secrètement espérer voir un jour accrocher aux glorieuses cimaises les images-maison, à la grande fierté des collaborateurs et à la curiosité insatiable du grand public…

Moi, SuperDircom, je serais super fier et content de moi si seulement un dixième de tout cela pouvait se réaliser, dans mon petit monde des Bisounours… on peut toujours rêver !!!

Au cas ou… : Pete Souza, né en 1954 à South Dartmouth (Massachusetts), est un photo-journaliste américain et l’actuel photographe en chef de la Maison-Blanche depuis l’investiture de Barack Obama. (source Wikipedia)


Old Friends, a set on Flickr.
Long ago, it must be, I have a photograph ; Preserve your memories ; They’re all that’s left you (from Bookends-Simon & Garfunkel) … Portraits de vieux compagnons d’enfance, à voir sur mon Flickr …
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Old Friends, a set on Flickr.

Long ago, it must be, I have a photograph ; Preserve your memories ; They’re all that’s left you (from Bookends-Simon & Garfunkel) … Portraits de vieux compagnons d’enfance, à voir sur mon Flickr …