On fait un métier formidable ...

Billets d'humeur sur ce merveilleux métier de photographe.
voir aussi : www.tribondeau-photo.fr

Paris veut remplacer les « cadenas d'amour » par des « selfies »

La lumineuse idée de l’été que voilà !!! Selfies ou cadenas, entre deux maux faut-il choisir ? En tous cas, de bien belles images en perspective sur http://lovewithoutlocks.paris.fr/ et sur https://twitter.com/hashtag/lovewithoutlocks

Bons souvenirs d’Arles … et merci Monsieur François !

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Oui, merci François Hébel d’avoir fait des Rencontres ce qu’elles sont devenues. Merci pour leur renaissance. Merci pour les centaines de milliers de visiteurs. Merci d’avoir investi les Ateliers, cet écrin magnifique qui s’évanouit maintenant. Merci d’avoir invité Depardon, Clergue, Swirk, Bailey, Willock, Lacroix et les autres pour cette dernière Parade. Merci auparavant pour Larrain, Garcin, Tillmans, Vanden Eeckoudt, Calvet, Béchet, Iturbide, Bouvet, Capa & Co … Merci à vos équipes, à vos installations, à vos innovations. Merci aussi pour les ratages et les moins bien. Merci enfin pour les souvenirs, rencontres, lectures, pour la terrasse du Malarte, et j’en passe …

Merci et bon vent pour la suite !!!

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Tableaux d’une exposition

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Retour sur images de mon exposition “Une Part d’ombre”, à la Chartreuse de Villeneuve les Avignon (juillet-août 2014) … Vernissage et installation ici : http://bit.ly/1mqX7Eb . Et toutes les images exposées sont là : http://bit.ly/1mqXheV

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Oh mon labooo ! (souvenirs fugaces d’un ex-rat de laboratoire)

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Par ces belles journées d’avant-été, plombées par une chaleur du même métal et des grèves intermittentes, je m’affairais méthodiquement au montage d’une vaste exposition prochaine. Et subséquemment, aux joies et aux peines de la mise en place de tirages géants. Passons sur les détails, les collages et décolérages d’affiches rétives à leur bon maintien sur les cimaises sensées les accueillir. Pour faire court, je fus contraint de faire de la retouche manuelle sur des images millésimées numérique. De la repique, comme on disait avant. Mais ça c’était avant. Me voici donc, lors d’un passage obligé à Paris, quêtant un flacon de « gris film » auprès de l’un de mes fournisseurs photographiques préférés. Miracle, cette excellente boutique en avait en stock au fond d’un tiroir oublié…

Cet événement majeur investissant mon existence a fait ressurgir brièvement des bouffées nostalgiques de mon passé de preneur d’images. Mon labo. J’avais presque oublié son existence, depuis que je l’avais offert il y a quelques années à des jeunes gens gourmands de surfaces sensibles. Et cela faisait déjà belle lurette que je l’avais mis à la retraite, semblant me souvenir que ma dernière séance sous ses lumières rouges datait de 2003…

Mon labo, c’était un vrai labo, pas un coin de salle de bains aménagé précairement pour l’occasion. Cet espace disponible et réservé, c’était même une des raisons pour laquelle nous avions choisi l’appartement parisien acquis dans les années 80.

Y trônèrent successivement un Durst B30 puis un Durst M370, avec leurs objectifs Rodenstock et Fuji. Avec le M370, on pouvait tirer des images allant du 24X36 au 6X7. De la balle, même si de temps en temps son transformateur faisait des siennes en grésillant méchamment.

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Bien que parfaitement isolé de la lumière, ce n’était curieusement que le soir, et jusque tard dans la nuit, que je fréquentais le lieu, vite empli de l’odeur tenace des chimies. Mes bidons abritaient le plus souvent des révélateurs et fixateurs Tetenal, tandis que les étagères accueillaient des boites d’Ilford Multigrade ou Galerie, de Tetenal et de Seagull exotique…

Au matin, j’aimais redécouvrir, l’oeil reposé, les tirages prenant leur bain de lavage dans leur cuvette rouge (la verte, c’était pour le révélateur, la jaune pour le fixateur, ne me demandez pas pourquoi !)

Il ne restait plus, une fois séchés, qu’à repiquer patiemment ces tirages, au gris film justement… Et là, il y avait du boulot, parce que les pétouilles, du temps de l’argentique, c’était légion. J’essayais de m’y appliquer, depuis que, lors d’un workshop avec Pascal Dolemieux, de l’agence Métis, ce dernier m’avait demandé si j’avais tiré chez le coiffeur les images que je lui montrais ;-))

Voilà. Une bouffée de souvenirs. Un reste d’odeur acre et tenace sur les mains. Un bain de lumière rouge, et le léger cliquetis du timer qui dictait les temps de pose. Ca tient à peu de choses, la nostalgie, finalement.

PS : Je n’ai hélas pas gardé de photo de mon laboratoire à ses heures de gloire. Il ne reste que ces clichés, alors qu’il servait davantage de placard et de remise à pinard… Drôle de fin !

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Sanary qui rit … (Photo’med 2014)

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Magnifique festival Photomed à Sanary-sur-mer, Toulon et l’île de Bandor …

Mon Top 5 d’une programmation solaire : Mimmo Jodice, Stefano de Luigi, Bernard Plossu, Patrick Terraz et Denis Dailleux. Excusez du peu !

A voir avant le 15 juin … ou l’année prochaine !

(ci-dessus : expositions Paolo Verzone, Mimmo Jodice, Leila Alaoui, Barbara Luisi)

T’as pas 100 balles ?

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Je viens d’avoir une idée géniale. Au lieu de m’escrimer à contenter des clients de plus en plus difficiles, d’essayer de valoriser mon cv et mes compétences alors que j’ai passé l’âge, je crois que je vais tout simplement taper les autres.

Mais attention ! Pas de vulgaire « je n’ai plus de travail, vous savez, les temps sont durs, il faut aider les artistes … », non, non, trois fois non. Je vais tout simplement lancer une grande campagne de crowdfunding. Là, tout de suite, maintenant. J’ai des besoins énormes, et des ambitions aussi. Ca tombe bien, visiblement, le crowdfunding, ça marche du feu de dieu.

Ces derniers temps, mon mail m’a fortement sollicité pour des projets divers et variés, émanant de copains, de connaissances professionnelles, et d’illustres inconnus. Parfois, j’ai mis la main à la poche, histoire de contribuer à une future œuvre certainement immortelle d’un non moins futur Steven Spielberg en devenir lointain. La recrudescence récente des sollicitations, outre me donner des idées, a suscité ma curiosité. Je suis donc allé voir sur les plus grands sites de financement participatif ce qu’ils disaient. A la rubrique « statistiques », les graphiques sont sans appel. Depuis 6/8 mois, c’est décollage à fond les manettes.

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Très intéressant aussi, les projets les plus soutenus sur ces plateformes : si la musique, le cinéma et la vidéo arrivent en tête (c’est fou le nombre de Coppola et consorts qui vont naître dans les prochaines années …) la photographie n’est pas mal placée. D’où ma génialissime idée, qu’il est temps de dévoiler.

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Mon projet : « le tour du monde en 3650 jours » .

Pour aller à la rencontre des peuples et témoigner sur mon blog avec des photos et des interviews. Peut-être même qu’après je ferai un bouquin édité à compte d’auteur (et en financement participatif of course) … Une vraie idée forte et originale, jamais vue en plus. Mieux que Salgado et ses grands projets écologiques et humanitaires. Pourquoi 3650 jours ? Ca fait bien et ça fait tout juste 10 ans. Juste le temps pour moi de finir en beauté une carrière et une œuvre mémorable. Objectif financier : 365 000 euros seulement, couvrant les frais d’expédition, de logement et de vie pour moi et ma moitié (je ne vais pas partir seul, quand même, hein? Et je ne suis pas gourmand, c’est équivalent à 100 euros par jour, ce n’est pas du luxe). Sachant que le seuil moyen de contribution est de 56 euros, il suffit de convaincre un peu plus de 6000 personnes du bien fondé de ma démarche. Sur les réseaux sociaux, j’ai déjà un millier de contacts, avec un petit peu de chance, on devrait bien y arriver…

Voilà, voilu. Notez que je finance par mes propres moyens le matériel photo, et je fais ça pour alléger la note. Parce que ce n’est pas l’envie qui me manque de faire participer la foule à mon excellence équipementière.

Bon alors, je le lance ce projet ? Vous me suivez ? Pour les sceptiques, je ferai remarquer que c’est autrement plus ambitieux que, par exemple :

  • Vesoul de nuit, une exposition et un autre regard sur la ville (100 % collectés)*

  • Délivrance 2, la descente photographique de la Durance en kayak (122 % collectés)*

  • Vues de dos, financement de la première expo de portraits vus de dos (106 % collectés)*

Une dernière hésitation : je vais sur KissKissGangBang (beau programme !) ou sur Pustule (belle promesse !) ???

PS : Blague à part, le crowdfunding, c’est un véritable phénomène. Et par les temps qui courent, une alternative crédible aux financements de plus en plus difficiles. Mais c’est aussi la faillite d’un métier, celui de producteur, le signe que certains ne font vraiment plus leur boulot (les banques), le risque aussi de l’apparente facilité pour lancer n’importe quoi par n’importe qui …

* les noms des projets ont été volontairement changés, mais ils existent, si, si …

Mourir à 26 ans

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Camille Lepage, photojournaliste, assassinée en reportage en Centrafrique le 13 mai 2014. Décidément, non, on ne fait plus un métier formidable.

(portrait de Camille copyright Camille Lepage)

How to write about your photographs | Conscientious Photography Magazine

"If what you’re writing about is not in the pictures you’re in trouble. Just like your (already existing) pictures need to inform the future ones, they also need to inform your writing." Joerg Colberg.

The Snapshots Project

"The Snapshots Project" : une tentative d’écriture photographique spontanée via Instagram et un mobile phone, à découvrir en extraits sur mon site, ici : http://bit.ly/1kaRfKP … ou en direct, au jour le jour, sur mon Instagram, là : http://bit.ly/1eaMKic

Hommage, dommage, ratage

C’est marrant comme parfois, la vie vous réserve des surprises. Le grain de sable qui vient tout mettre en l’air. L’occasion manquée qui vous poursuivra toute votre existence. Le cheveu dans la soupe, le bug dans les épinards. Trois exemples récents dans ma petite vie photographique …

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Dead Flowers

« You can send me dead flowers every morning / And I won’t forget to put roses on your grave ».

C’était une époque où le rock était encore à la mode, ou New York était le centre du monde artistique, où on mourait déjà du sida, où la photographie n’était qu’argentique.

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« J’essaye d’enregistrer le moment dans lequel je vis, et où je vis, qui s’avère être New York. J’essaye de capturer cette folie et d’y mettre de l’ordre. Ces images n’auraient jamais pu être prises à un autre moment … » Robert Mapplethorpe est magistralement exposé au Grand Palais à Paris, la première rétrospective depuis sa mort en 1989… Mapplethorpe photographiait avec autant de classe et de maestria des bites (beaucoup) et des fleurs (peut-être encore plus …) , des statues et des artistes. A l’époque, ses images sentaient le soufre. L’odeur s’est un peu affadie avec les années, et il n’y a pas de quoi crier au scandale par les temps qui courent. Mais l’expo est splendide, le talent éclatant, certaines images proprement envoûtantes. Pour preuve de son succès post-mortem, les prix des tirages de l’artiste se sont envolés depuis le milieu des années 2000. Plusieurs centaines de milliers d’euros pour certains vintages, plusieurs milliers pour le « tout venant »… Il y a une trentaine d’années, nous avions, avec ma compagne, vu à Paris une exposition du monsieur encore de ce monde. Et littéralement flashés devant un des ses fabuleux tirages de lys blanc, au point de penser à l’acquérir. Nous avions renoncé, devant le prix : environ 5000 francs, si mes souvenirs sont exacts. Il va sans dire que nos regrets sont éternels …

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Transe napolitaine

Il y a quelques semaines, j’ai reçu une proposition sympathique de la part d’un labo photo : « Et si vous testiez - gracieusement – nos prestations, par exemple notre offre de books photo ? La seule contrepartie, c’est de donner votre opinion sur notre travail dans les colonnes de votre blog ».

J’ai répondu oui, sans hésiter. D’autant plus que, revenant d’un périple italien, j’avais sous les yeux une petite série d’images napolitaines qui n’attendaient que ça pour se montrer … Des images assez vicieuses, techniquement parlant en tous cas, avec des noirs pas possibles, du grain et des flous improbables. Bref, le cauchemar théorique pour toute reproduction sur papier qui se respecte.

En quelques clics, j’ai donc téléchargé le soft permettant de gérer l’interface de mise en page, et en une triplette d’heures, la maquette était dans les tuyaux. Le lendemain matin, un mail m’annonçait que ma commande avait été traitée, qu’elle était acheminée par un grand transporteur international à mon domicile, et livrée sous 48 heures … Trop beau pour être vrai, non ? Bah, non, puisque en effet, deux jours plus tard, mon colis était bien livré chez moi. Sauf que je n’étais pas chez moi. Et que tout s’est mis à déraper. Genre Brazil, si cela vous dit quelque chose … Je passerai rapidement sur les coups de fil excédés pour essayer de comprendre où était reparti mon bouquin, quand il allait être livré, chez qui, et comment. Mais il a fallu pas moins de 10 jours avant de pouvoir récupérer l’objet du délire. De quoi devenir chèvre. J’avais presque fini par tirer un trait sur l’histoire. C’eut été dommage. Car le résultat est bien, mais alors même, très bien. Chapeau pour le rendu des textures, la profondeur des noirs (et ils sont sans fond !), le métamérisme quasi indiscernable. Seul bémol, l’épaisseur du papier photo utilisé, trop costaud à mon goût, et la tranche de la couverture, pourtant somptueuse en mat satiné, qui a tendance à se fendiller rapidement aux entournures. Bon, il est temps de révéler le nom de ce labo : Saal Digital. Ils sont en Allemagne, ils sont efficaces, rapides, à priori talentueux, financièrement abordables. Il ne leur reste plus qu’à changer de partenaire (dont je tairai le nom par charité chrétienne) pour le transport !

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 Festival dans tes rêves

Allez, une petite dernière pour la route. J’ai reçu ce mail d’un fort sympathique festival photo de l’été : « Notre comité de sélection s’est réuni. Votre candidature n’a malheureusement pas été retenue. Cela ne remet nullement en cause la qualité de votre travail. Mais notre appel à candidature ayant connu un fort succès, nous avons  dû faire des choix qui tiennent compte des sujets que nous voulions présenter. Nous vous encourageons vivement à nous présenter d’autres propositions à l’avenir. » Sympa les gars de m’encourager, mais cette année, je n’avais pas postulé à votre manifestation ;-)) Miracle des mailing-lists …